Cycle de la violence

 

Cycle de la violenceCycle de la violence

Tension: Tout va bien, puis petit à petit s’installe la tension dans la maison, sous prétexte qu’elle ne fait pas les choses comme son partenaire le voudrait. Le prétexte n’est que le déclencheur, et non pas la cause, de la violence. Au début, cet élément déclencheur est indépendant de la vie du couple (surcroît de travail, alcool, stress, maladie, etc.). Plus le cycle se répète, plus le prétexte surgit de la vie même du couple ou de la famille (finances, éducation des enfants, sexualité, etc.). La femme tente par tous les moyens d’abaisser la tension. Elle surveille ses moindres gestes et paroles, elle cherche à faire plaisir, elle calme les enfants. Elle s’ajuste aux besoins de son partenaire, devient centrée sur les humeurs de l’autre.

 

 Agression: L’acte de violence à lieu sous différentes formes. La femme se sent alors outragée, démunie. Pire, démolie intérieurement.

Justification: L’agresseur invalide son comportement. Il minimise le caractère et la gravité de l’agression. Il invoque les prétextes. Il rétorque que sa conjointe dramatise. Il rejette la faute sur elle… et puis il reprend rapidement la vie normale. Face à ces justifications et aux messages reçus antérieurement, la femme oublie sa propre colère. Elle en arrive à se voir comme la responsable des comportements violents à son égard. Elle se dit qu’en modifiant ses attitudes et comportements à elle, la violence va se résorber.

Rémission (lune de miel): L’agresseur commence à exprimer des regrets. Il veut se réconcilier. Il s’explique, demande pardon, quémande son aide, la supplie de « tout recommencer à zéro », achète des cadeaux, redevient très amoureux et lui offre une foule de promesses. Cette repentance entretient un seuil élevé de tolérance à l’agression chez la femme, au point où elle ne perçoit plus les manifestations les plus quotidiennes de l’abus de pouvoir. Plus le cycle se répète, plus la période de rémission raccourcit.

Aux prises avec la violence conjugale, une femme se vide littéralement de son dynamisme et de son énergie vitale. Pourquoi? Parce qu’elle se conditionne à subir constamment un climat de tension; parce qu’elle doute de ses émotions et de sa propre compréhension de la situation; parce qu’elle fait tout pour éviter de nouvelles agressions; parce qu’elle est obligée de justifier ses attitudes et ses comportements.[1]

 

 

 


[1] Inspiré du texte « La violence conjugale… c’est quoi au juste », Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale, printemps 1993.